GAZA : le massacre continue ... avec la complicié des inconditionnels d'Israël s'abritant derrière la lutte contre l'anti-sémitisme

Publié le par FSC

Pierre Barbancey
L'Humanité du 14 juillet 2024

 

Al-Mawasi est censée être une zone humanitaire sécurisée. Israël a frappé ce quartier le 13 juillet 2024, faisant au moins 90 morts et 300 blessés. © Mohammed Salem/Reuters

 

Au moins 90 personnes, dont la moitié serait des enfants, ont été tuées samedi 13 juillet lors d’une frappe ordonnée par Benyamin Netanyahou ciblant un dirigeant du Hamas. Le secrétaire général de l’ONU compare la condition des civils à des « boules humaines de flipper », forcées de se déplacer.


Al-Mawasi est censée être une zone humanitaire sécurisée. C’est en tout ce que prétend l’armée israélienne qui, à plusieurs reprises, a exhorté les Palestiniens à s’y rendre après avoir émis des ordres d’évacuation d’autres parties de la bande de Gaza.
Mais le commissaire général de l’organisme des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini, avait prévenu qu’aucune zone n’était en réalité sécurisée. Il avait raison. Samedi 13 juillet, Israël a lancé une frappe sur ce quartier densément peuplé, faisant au moins 90 morts (dont la moitié d’enfants) et 300 blessés.


« Je ne pouvais même pas dire où j’étais, ou ce qu‘il se passait », a expliqué à l’agence Reuters Sheikh Youssef, un résident de la ville de Gaza qui est actuellement déplacé dans la région d’Al-Mawasi. « J’ai quitté la tente et regardé autour de moi : toutes les tentes ont été renversées, des parties de corps, des corps partout, des femmes âgées jetées par terre, de jeunes enfants en morceaux. » Ce même jour, une frappe sur le camp d‘Al-Shati, en bordure de la ville de Gaza, plus au nord, a fait au moins 20 morts.

Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent beaucoup d’enfants morts


Officiellement, Israël cherchait à tuer le chef militaire du Hamas, Mohammed Deïf, mais Benyamin Netanyahou, sans un mot pour les civils tués, a avoué qu’il ne savait pas si Deïf et un autre commandant du Hamas avaient été tués. Il « va bien et supervise directement les opérations des brigades al-Qassam (la branche armée du Hamas – NDLR) et de la résistance », a fait savoir un responsable du mouvement palestinien en évoquant Mohammed Deïf.


« La frappe a été menée dans une zone clôturée gérée par le Hamas où, selon nos informations », ne se trouvait « aucun civil », a affirmé de son côté l’armée israélienne, estimant que « la plupart des victimes étaient des terroristes ». Un discours à l’adresse du public israélien.
Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent beaucoup d’enfants morts. « Je ne sais pas quoi dire, la situation est tragique. Je n’exagère pas, nous avons des funérailles toutes les quinze minutes en quittant l’hôpital. Cela se poursuit depuis l’incident. Un par un, des gens se font tuer », révèle Mohammed Aghaalkurdi, de l’aide médicale palestinienne qui se trouve à l’hôpital de Nasser.


Beaucoup de personnes blessées, y compris des femmes et des enfants, ont été emmenées à l’hôpital voisin de Nasser, qui, selon ses responsables, était débordé et « ne pouvait plus fonctionner » en raison de l’intensité de l’offensive israélienne et d’une pénurie aiguë de fournitures médicales. « L’hôpital est plein de patients, il est plein de blessés, nous ne pouvons pas trouver de lits pour les gens », a insisté Atef Al Hout, directeur de l’hôpital, ajoutant que c’était le seul qui opérait encore dans le sud de Gaza.


Netanyahou a promis de continuer à cibler les dirigeants de l’organisation palestinienne, affirmant que plus de pression militaire sur le groupe améliorerait les chances d’un accord en vue de libérer les otages. Pourtant, alors que des pourparlers séparés avaient lieu depuis mercredi 10 juillet au Qatar pour tenter d’établir un cessez-le-feu, le Hamas aurait décidé d’arrêter toute discussion à la suite des frappes sur Al-Mawasi, mais les déclarations en ce sens sont contradictoires.


Ces discussions avaient été relancées après une concession, la semaine dernière, de cette organisation, qui avait accepté de négocier la libération d’Israéliens et de prisonniers palestiniens en l’absence d’un cessez-le-feu permanent avec Israël.
Samedi 13 juillet au soir, le chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a accusé Benyamin Netanyahou de chercher à bloquer un cessez-le-feu par des « massacres odieux. La position israélienne (…) consiste à placer des obstacles qui empêchent de parvenir à un accord », a-t-il précisé, mettant en avant à l’inverse une « réponse positive et responsable » du Hamas aux efforts des médiateurs.


Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l’Union européenne, a demandé « l’accès à des enquêtes indépendantes » afin de déterminer les responsabilités concernant l’attaque de l’armée israélienne contre le camp de réfugiés d’Al-Mawasi.
Quant au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, il a accusé Israël de publier des ordres d’évacuation qui forcent les Palestiniens à « se déplacer comme des boules humaines de flipper dans un paysage de destruction et de mort ». Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, qui dirige la bande de Gaza, depuis le 7 octobre, désormais 38 584 Palestiniens seraient morts et 88 881 blessés.

 

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