Le PCF opte pour un « large front contre l’impérialisme américain »
par Esteban Evrard sur
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Publié le 31 juillet 2025
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Sous couvert de « stabilisation commerciale », Ursula Von der Leyen a négocié en catimini un « accord » qui livre les clés de notre avenir industriel, énergétique et militaire aux États-Unis de Donald Trump. Dans un communiqué, le Parti communiste français (PCF) dénonce une reddition pure et simple et appelle à construire un front large et populaire contre cette soumission organisée.
Scène surréaliste : Ursula von der Leyen annonçant un compromis commercial express dans un golf écossais appartenant à Donald Trump. Moins de 48 heures de négociations. En échange de la suspension de droits de douane massifs (30 % envisagés par Washington), l’Union européenne accepte des concessions inédites : un droit de douane unique à 15 % sur les exportations européennes vers les USA (contre moins de 5 % jusqu’ici), 750 milliards de dollars d’importations d’énergie fossile américaine, 600 milliards d’investissements européens redirigés vers les États-Unis, et des achats d’armes en masse à des fournisseurs américains.
Pour le PCF, c’est un tournant d’une extrême gravité. Dans un communiqué publié le 31 juillet, le parti dénonce « un prétendu “accord” d’une violence rare », qui constituerait « une véritable déclaration de guerre contre les peuples européens, contre la paix, contre l’environnement ».
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Ni consultation publique, ni vote parlementaire, ni mandat clair : l’accord Trump–von der Leyen s’est noué hors de tout processus démocratique. Le PCF dénonce un « déni démocratique aux conséquences gravissimes », et rappelle que la présidente de la Commission européenne « n’a pas le pouvoir » de mener de telles discussions qui engagent l’ensemble des États membres.
Surtout, les conséquences économiques s’annoncent désastreuses. L’alignement énergétique sur les États-Unis va pérenniser des prix élevés pour les ménages et les entreprises, accroître la dépendance au gaz de schiste américain – « beaucoup plus émetteur de CO₂ que le gaz conventionnel » –, et saboter les objectifs européens de décarbonation. L’accord pourrait également « conduire tout droit l’Europe à la récession », avec à la clé « des licenciements, des fermetures de sites, des délocalisations » et une pression encore plus forte sur les salaires.
« L’impérialisme américain n’a pour autre objectif que de liquider l’économie européenne », tranche le PCF, qui accuse les dirigeants européens de complicité dans ce démantèlement organisé.
Sans surprise, les flèches du PCF visent aussi le gouvernement français. Le parti rappelle que « le Premier ministre François Bayrou et son ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau […] portent la responsabilité de cette déroute » pour avoir soutenu la reconduction de von der Leyen. Les « larmes de crocodile » versées après coup n’effacent pas l’alignement politique, ni les fermetures d’usines qui l’ont précédé.
Le communiqué désigne également les financiers français – « Bernard Arnault en tête » – comme complice actif de cet abandon, ainsi que l’extrême droite, qui « soutient cette politique » et se tient prête à « toutes les compromissions avec le nationaliste Trump ».
Au-delà de la dénonciation, le PCF appelle à une riposte large et organisée. Il propose de construire un « large front des nations et des peuples », en s’appuyant sur les résistances existantes dans d’autres régions du monde : « D’autres pays résistent, tels le Brésil, le Mexique ou la Chine. La France doit aussi s’engager. »
Le parti en appelle à une mobilisation démocratique de fond : « Chaque nation de l’UE, comme pour la ratification d’un traité, a le pouvoir de dire NON ! »
Pour le parti de Fabien Roussel, l’enjeu est clair : « L’avenir de la France, de notre République est en danger. » Refuser l’accord Trump–von der Leyen devient un impératif de souveraineté nationale et populaire, de justice sociale et de paix.
« Il faut siffler la fin de la récréation », conclut le communiqué. Avant de poser la question politique qui appelle une réponse claire : ne rien faire ou résister.

Des droits de douane multipliés par neuf pour atteindre 15%, une obligation d’achat de 750 milliards de dollars d’hydrocarbures ultra-polluants et d’armements US, 600 milliards d’investissements outre-Atlantique qui n’auront donc pas lieu en Europe, un vague espoir de réouverture du marché US de l’acier à condition que l’UE aide les États-Unis à y affronter les pays émergents, des clauses géostratégiques inconnues dont on ne doute pas qu’elles visent à enrôler encore plus les États européens derrière les entreprises belliqueuses de l’impérialisme étasunien... le prétendu "accord" entre Ursula Von der Leyen et Donald Trump est d’une violence rare et constitue une véritable déclaration de guerre contre les peuples européens, contre la paix, contre l’environnement. Nous devons résister et bâtir un large front des nations et des peuples pour empêcher sa mise en œuvre, pour bloquer Trump une bonne fois pour toute. Que les peuples reprennent la main !
En effet, la présidente de la Commission européenne offre une victoire politique à Donald Trump et un encouragement à tous les nationalistes, apprentis fascistes qui, de ce côté de l’Atlantique, rêvent de l’imiter. Le Premier ministre François Bayrou et son ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau peuvent verser des larmes de crocodile, ils portent la responsabilité de cette déroute en ayant soutenu Ursula von der Leyen à la tête de la Commission et accompagné les fermetures en France d'entreprises stratégiques. De même, le grand patronat français, Bernard Arnault en tête, tout comme l’extrême droite soutiennent cette politique et sont prêts à toutes les compromissions avec le nationaliste Trump.
Unissons-nous dans notre diversité ! C'est essentiel pour empêcher que les travailleurs, notre industrie, nos PME, notre agriculture et tous les activités qui y sont liées soient les premiers à pâtir de ces mesures. A part une minorité de financiers, c’est toute la société qui sera impactée.
De telles mesures pourraient conduire tout droit l'Europe à la récession, augmenteraient le coût de la vie pour les salariés européens, amplifieraient "le chacun pour soi" entre Etats membres de l'UE et seraient dévastatrices pour l'emploi, pour la paix et le climat !
Elles renforceraient les orientations stratégiques des grands groupes pour soutenir les profits contre les salaires et l'emploi et viendraient justifier de nouveaux plans de licenciements, fermetures de sites et délocalisations. De nombreuses PME, des exploitations agricoles seront mises en difficulté par la baisse d’activité, le coût élevé de l’énergie et la baisse des investissements en France.
Beaucoup de secteurs seront aussi lourdement taxés, telle la métallurgie.
Surtout la guerre énergétique que nous mène Trump pèsera sur notre économie. Le coût de l’électricité et du gaz restera élevé pour les ménages comme pour les entreprises. L'achat de 250 milliards par an d'énergie aux Etats-Unis conduira aussi à un immense recul écologique conduisant à l'abandon des objectifs français et européens de réduction de l'utilisation des énergies fossiles, gaz et pétrole. De plus, la production américaine de gaz de schiste émet beaucoup plus de CO2 que l'utilisation du gaz conventionnel !
Avec un tel accord, le solde de la balance commerciale française va encore plonger !
L’impérialisme américain n’a pour autre objectif que de liquider l’économie européenne !
Il sera impossible de redresser les comptes de la nation avec un tel accord ! Idem en Allemagne et dans tant d’autres pays.
Enfin, ces mesures renforcent la dépendance technologique et militaire, voire la soumission, des Etats du continent pour un plat de lentilles, les profits de quelques multinationales apatrides.
Pour le PCF, l'échange entre la Présidente de la Commission européenne et le Président des Etats-Unis ne peut constituer un "accord" dont Madame Von der Leyen n'a pas le pouvoir !
Nous refusons ce déni démocratique aux conséquences gravissimes pour les peuples, pour les travailleurs et travailleuses de part et d'autre de l'Atlantique qui paieraient ainsi très cher ces mesures si elles se concrétisaient.
La France, par la voix de son président, doit exiger la tenue d’un conseil européen exceptionnel. De même, la France et ses parlementaires européens comme nationaux doivent appeler à convoquer les parlements au plus vite. Chaque nation de l’UE, comme pour la ratification d’un traité, a le pouvoir de dire NON !
C’est maintenant qu’il faut agir contre cette politique américaine qui s’en prend à tous les continents. D’autres pays résistent tels le Brésil, le Mexique ou la Chine. La France doit aussi s’engager et résister en refusant cet accord.
Nous appelons à un large mouvement de résistance des nations et des peuples de tous les continents face à l’impérialisme américain.
En France, n’ayons pas peur de redonner la parole au peuple et à s’appuyer sur sa légitimité pour refuser un tel accord.
L'heure est à reprendre la main sur nos choix, sur notre politique pour ne pas laisser la Commission européenne décider à notre place.
Travaillons aussi à unir les pays de l’Union européenne qui vont souffrir d’un tel accord.
Entre l’UE et le Sud global, il est temps d’engager le dialogue et de résister ensemble à l’administration Trump et ses alliés nationalistes !
Il faut siffler la fin de la recréation.
Ne rien faire, c’est laisser faire.
Alors agissons, ensemble, dans la diversité de nos opinions. L’avenir de la France, de notre République est en danger.
Construisons l’arc de la résistance le plus large et le plus populaire possible.
Paris, le 31 juillet 2025
Parti communiste français.
Retrouvez les 5 propositions et les 3 négociations internationales portées par le PCF dans sa déclaration du 17 mai derni
Les usa impérialistes doivent trouver la réponse des peuples. Mais l’UE est responsable encore plus. Nécessité de quitter l’UE maintenant, ni UE ni usa ni guerre.
Le sens de l’appel, et ce en quoi il est juste, est d’unifier le plus large mouvement possible, parce qu’il faut être fort, obtenir une première victoire et avancer. C’est comme lorsqu’on se bat contre la réforme des retraites: le mot d’ordre, c’est retrait de la réforme. C’est le point sur lequel on peut tous se rassembler, pour obtenir si possible une première victoire. Donc, ici, c’est rejet de l’accord. Et ce qui est intéressant, c’est que les gouvernements doivent approuver l’accord. Il y a droit de veto. Donc, on peut s’adresser directement au gouvernement et c’est ce que fait l’appel. C’est très juste, parce que c’est le responsable, c’est là que se situe la source du pouvoir politique. Les pouvoirs de l’UE et de la commission ne sont que des pouvoirs délégués, même si la délégation est souvent difficile à reprendre en main, symboliquement, la source de la légitimité du pouvoir reste la nation.
Après, il y a le temps de l’analyse et de la réflexion. Il est évident que les organismes de la soi-disant Union européenne sont totalement décrédibilisés. Le parti n’a pas seulement toujours été contre les traités. C’est vrai, mais la position historique du parti est beaucoup plus profonde qu’un simple rejet des traités. Le parti s’est toujours opposé à la dilution de la souveraineté nationale. Et historiquement, le parti a rejeté toutes les étapes de ce qu’on appelle aujourd’hui prétentieusement la « construction européenne » aussi parce qu’il a considéré historiquement (et les événements actuels confirment la justesse de cette position) que ces organisations étaient les organisations qui mettaient en oeuvre la politiue de l’impérialisme en Europe, la division du continent (confirmé aussi) et mèneraient à la remilitarisation (notamment de l’Allemagne, à laquelle le parti était opposé pour des raisons historiques évidentes) et au fascisme (confirmé également).
Il est temps de se réapproprier tous ces niveaux de réflexion car ils deviennent d’une actualité brûlante. Ce soi-disant accord n’est qu’une étape dans un vaste projet de défense de l’hégémonie impérialiste et effectivement, il faudra en tirer les conséquences. (Franck Marsal)
Xuan
La déclaration de Fabien Roussel est la juste réponse à l’hégémonisme US, c’est-à-dire à un impérialisme qui s’oppose à tous les peuples et toutes les nations, qui met l’Europe à feu et à sang et lui fait payer le prix de la guerre en achetant ses propres canons, qui plombe l’économie de ses propres « alliés », appuie par tous les moyens les massacres de Gaza et menace la paix et l’économie mondiale.
La lutte pour la paix, mais aussi contre la crise économique que peuvent engendrer le protectionnisme et les sanctions des USA, n’est pas une position neutre mais un combat.
Cette position ne peut pas s’accommoder des théories trotskistes qui banalisent l’impérialisme, font de la Russie un ennemi existentiel et de la Chine un pays impérialiste tout aussi menaçant, alors que l’une et l’autre sont les principales cibles des USA.
Elle ne peut pas s’accommoder non plus des positions social-démocrates pour lesquelles l’hégémonisme se résume à Trump et qui rêvent d’un retour des Démocrates US.
Les uns comme les autres s’opposent au nécessaire front uni mondial contre l’hégémonisme et à l’unité avec les nations et les peuples du sud global.
Ce «large front contre l’impérialisme américain » remet les pendules à l’heure pour tous les anti impérialistes de notre pays, qui doivent s’unir et se dresser contre les USA et contre l’atlantisme, y compris chez ceux qui se déguisent en gens de gauche, et notoirement les fascistes du RN qui ont pris ouvertement fait et cause pour les massacres de Gaza.
C’est encore un combat contre les plus grands monopoles de notre pays, qui se plient à la domination et aux injonctions des USA et en font peser tout le poids sur les masses.