Ce qu’il faut savoir sur ce rapport secret américain pointant les crimes de l’armée israélienne à Gaza

Publié le par FSC

Benjamin König
L'Humanité du 31 octobre 2025

 

Les procédures d’examen des violations commises par les armées étrangères, qui nécessitent la plupart du temps seulement quelques jours, sont beaucoup plus rudes quand cela concerne Israël.© Andrew Leyden/ZUMA Press Wire

 

Rédigé par le secrétariat d’État américain, ce rapport qui reste classifié parle de « plusieurs centaines » de violations des droits humains par l’armée israélienne. Révélé par le Washington Post, il prouve que les États-Unis livrent des armes à Israël en pleine conscience des crimes commis. Et en violation de ses propres lois.
C’est un document classifié, dont les informations qu’il contient pourraient se révéler explosives. Révélé par le Washington Post, un rapport secret établi par le Bureau de l’Inspecteur général du département d’État des États-Unis, au plus haut niveau donc de la diplomatie américaine, recense « plusieurs centaines » de violations des droits humains commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. C’est la première fois qu’un rapport émanant du gouvernement des États-Unis reconnaît les crimes commis par les actions de l’armée israélienne.
L’existence de ce rapport secret, dont le Washington Post a eu connaissance grâce à deux hauts fonctionnaires du département d’État qui ont requis l’anonymat – cela se comprend –, a été reconnue par le ministère. Il est même mentionné sur son site, avec pour toute précision : « Ce rapport contient des informations classifiées et n’est pas accessible au public ».

L’examen des violations prendrait des années


Il a été finalisé quelques jours avant le cessez-le-feu conclu entre le Hamas et Israël sous l’égide de l’administration états-unienne et de plusieurs pays arabes. Selon les deux responsables cités par le journal, l’examen des centaines de violations prendrait « de nombreuses années » si le Département d’État venait à s’y pencher sérieusement.
Ce dont on peut douter : les procédures d’examen des violations commises par les armées étrangères, qui nécessitent la plupart du temps seulement quelques jours, sont beaucoup plus rudes quand cela concerne Israël. Les hauts fonctionnaires attribuent cette différence à un processus d’examen « principalement pro-israélien et pro-Tsahal ».


C’est ce qu’explique Josh Paul, un ancien directeur du Congrès et des affaires publiques pour le Bureau des affaires politiques et militaires du secrétariat d’État, qui avait démissionné en octobre 2023 pour protester contre la poursuite des livraisons d’armes à Israël. « Pour la plupart des pays, une simple objection de la part d’un responsable suffit généralement à suspendre l’aide à une unité militaire. Pour Israël, un groupe de travail américain doit parvenir à un consensus sur al question de savoir si une violation grave des droits de l’homme a eu lieu. »
C’est en vertu des lois Leahy que ces rapports sont effectués : celles-ci interdisent aux États-Unis de livrer des armes et fournir une assistance militaire aux pays mis en cause pour des violations des droits humains. Mais si le cas d’Israël fait donc exception, la révélation de ce rapport apporte une preuve éclatante que les États-Unis sont tout à fait conscients des crimes commis par l’armée israélienne.

 

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