CGT RATP : ADIEU camarade !
Aujourd’hui, c’est un géant qui nous a quitté. Un de ces militants dont la voix portait loin, dont les poings serrés sur les banderoles pesaient plus lourd que les menaces du patronat, dont le rire, même dans l’épuisement des grèves, réchauffait les assemblées glacées par l’injustice. Philippe Juraver, dirigeant syndical de la CGT Métro-RER et de la section CGT ligne B, s’en est allé. La maladie, ce dernier adversaire, l’a terrassé à 65 ans – lui qui avait toujours su tenir debout, face aux directions et aux lois scélérates qui broient les vies des travailleurs.
Philippe, c’était l’engagement incarné. Pas celui des discours creux ou des tribunes confortables, mais celui des AG et des piquets de grève à 5h du matin dans les terminus, des tracts distribués sous la pluie, des corps en grève serrés contre les portes des directions. Il était de tous les combats : pour les salaires, contre les sanctions, pour la dignité des agents, contre la casse du service public.
Il a connu des défaites, ces moments où la colère se mêle à l’impuissance, où les promesses trahies laissent un goût de cendres. Mais il a aussi remporté des victoires – ces sourires volés aux patrons, ces augmentations arrachées, ces révocations évitées. Parce que Philippe, c’était ça : un stratège et un battant. Il ne lâchait rien. Même quand le rapport de forces semblait désespéré, il trouvait la faille, le mot juste, l’argument qui faisait plier l’adversaire. Et s’il ne pliait pas, au moins savait-il qu’on avait tout donné. Que la honte était de leur côté, pas du nôtre.
Il était notre mémoire, aussi. Celle des luttes passées, des leçons à tirer, des erreurs à ne pas répéter. Il racontait les grèves de 95, et les autres, comme s’il y était encore, avec cette passion qui faisait briller ses yeux. Parce que pour lui, le syndicalisme n’était pas un métier, mais un engagement – celui qui unit les exploités contre les exploiteurs, celui qui dit que le monde peut basculer si on s’y met tous.
Juju, tu nous manques déjà. Tes colères justes et ta façon de serrer les mains en disant "On lâche rien, hein ?". Tu laisses des traces indélébiles dans le collectif et dans nos luttes.
La CGT-RATP, la CGT Métro-RER, la section CGT ligne B, la CGT des retraités de la RATP (ton dernier syndicat), les travailleurs et tous ceux qui ont croisé ta route ne t’oublieront pas. Parce que les militants comme toi, on ne les remplace pas – on les honore en marchant dans leurs pas.
Au revoir, Philippe. À jamais dans nos rangs.
"Repose en lutte, camarade. Nous, on prend le relais."
Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille, ainsi qu’à ses proches.
/image%2F0946080%2F20251114%2Fob_4fbe6d_cgt-ratp.png)
/image%2F0946080%2F20251114%2Fob_071e6c_phil.png)