« Il est temps de laisser Bibi unir Israël en le graciant » : Donald Trump vole au secours de son ami Netanyahou
L'Humanité du 13 novembre 2025
L’affaire est peu banale. Le président états-unien s’est adressé à son homologue israélien pour que le premier ministre ne soit plus poursuivi. Il affirme pourtant respecter l’indépendance de la justice.
On ne sait pas si Donald Trump souhaitait que son courrier adressé au président israélien, Isaac Herzog, soit rendu public. Quoi qu’il en soit, ce dernier a révélé avoir reçu une demande de son homologue états-unien de gracier le premier ministre Benyamin Netanyahou, actuellement jugé en Israël pour corruption, fraude et abus de confiance.
« Je vous exhorte par la présente à gracier pleinement Benyamin Netanyahou, qui a été un premier ministre formidable et déterminé en temps de guerre, et qui conduit aujourd’hui Israël vers une ère de paix », écrit Trump. Il ajoute : « Tout en respectant pleinement l’indépendance du système judiciaire israélien et ses exigences, je considère que cette « affaire » contre Bibi, qui a combattu à mes côtés pendant longtemps, notamment contre l’Iran, adversaire redoutable d’Israël, est une persécution politique injustifiée. » Sans retenue, Trump poursuit : « Il est temps de laisser Bibi unir Israël en le graciant et en mettant fin une fois pour toutes à cette guerre judiciaire. »
Un soutien indéfectible
Le bureau de Herzog a répondu à la lettre de Trump en expliquant que le président « a maintes fois exprimé sa reconnaissance pour son soutien indéfectible à Israël et sa contribution majeure à la libération des otages, au redécoupage du Moyen-Orient et de Gaza, ainsi qu’à la sauvegarde de la sécurité d’Israël ». Mais il explique également que toute personne souhaitant obtenir une grâce doit en faire la demande formelle « conformément aux procédures établies ». Ce qui pourrait s’apparenter à une fin de non-recevoir. Netanyahou, lui, s’est empressé de publier un message sur X : « Merci, Monsieur le président Trump, pour votre soutien indéfectible. Comme toujours, vous allez droit au but et vous dites les choses telles qu’elles sont. »
Que d’amabilité pour une situation tout de même ubuesque. Un président étranger demande la grâce du chef d’un gouvernement qui n’est pas le sien. Amir Fuchs, chercheur au sein du think tank Israel Democracy Institute, basé à Jérusalem, a rappelé au Washington Post que « le mot grâce signifie pardon ; une grâce sans reconnaissance de culpabilité est très inhabituelle, voire illégale », ajoutant que toute grâce accordée suite à la demande de Trump pourrait être perçue comme un feu vert donné à la corruption et une atteinte à l’État de droit. Outre ses procès en Israël, Netanyahou est également recherché par la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.