Une austérité intolérable pour les personnels soignants

Publié le par FSC

par  Cécile Rousseau

Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées à deux pas de l’Assemblée nationale pour dénoncer un budget de la Sécu qui va encore fragiliser l’accès aux soins.

« Nous ne sommes pas des moutons, nous saurons nous rappeler des votes pour les prochaines municipales. »Mardi, à deux pas d’une Assemblée nationale en train de procéder à l’adoption définitive du budget 2026 de la Sécurité sociale, lors du rassemblement organisé par la CGT santé et action sociale pour dénoncer cette cure d’austérité sans précédent, les syndicalistes comptaient bien placer ce moment crucial sous leur vigilance.

Les manifestants n’ont toujours pas digéré l’adoption du texte en deuxième lecture, le 9 décembre, avec treize voix d’écart.« Ça nous a mis en colère,assène Barbara Filhol, secrétaire générale de la CGT santé et action sociale,voilà ce qui arrive quand la gauche est désunie. L’Ondam, l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie de + 3 %, n’est pas à la hauteur, même la Fédération hospitalière de France demande au moins 4,5 % de hausse. Nous appelons les députés à ne pas voter le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS), ni le projet de loi de finances qui impactera le secteur médico-social. »

Le soutien de la majorité des députés socialistes à ce texte ne passe pas non plus.« Je leur en veux parce que les hôpitaux sont au bord du gouffre, soupire Véronique Mauroy, secrétaire de la CGT de l’hôpital de Sète (Hérault).Les agents sont tellement mal payés et le coût de la vie a si vite augmenté que certains habitent dans des mobile homes ou chez des proches, faute de réussir à se loger. »Si la majorité se targue d’avoir ajouté, face au tollé, 950 millions d’euros de budget pour les hôpitaux, pour les soignants, c’est une goutte d’eau. Au fil des budgets austéritaires, la situation financière des établissements n’a cessé de se dégrader. Certains ont même fermé. À l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), le déficit s’est creusé de 460 millions d’euros en 2024 et l’endettement atteint désormais les 43 %.

Avec sa blouse ornée d’un slogan explicite :« Sous-effectifs, moins de vacances, bienvenue aux urgences », Nicolas, aide-­soignant à l’hôpital Tenon (AP-HP), ne voit pas comment son service va tenir après de nouvelles coupes claires.« Depuis la restriction du recours à l’intérim pour les aides-soignants, c’est le sous-effectif permanent,témoigne-t-il. Tout repose sur notre bonne volonté de faire des heures supplémentaires ou de travailler en douze heures. Lundi, nous étions trois infirmiers et deux aides-­soignants, soit moins que le minimum exigé pour faire fonctionner les urgences. À force de s’autoremplacer, nous sommes tous impactés physiquement et mentalement. Ceux qui vont voter ce budget votent contre nous. »

Dans les déserts médicaux, la baisse d’enveloppe devrait se traduire, comme partout, par un recul de l’accès aux soins, avec moins de lits ouverts.Sandrine Cazelles, secrétaire de la CGT de l’hôpital de Villefranche-de-Rouergue, dans l’Aveyron,de passage à Paris, refuse cette fatalité :« Cet argent existe, il va falloir taper dans les milliards versés sans contreparties aux multinationales. Si on revient aux fondements de la Sécurité sociale, il y a quatre-vingts ans, chacun doit contribuer en fonction de ses moyens. »

 
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