Une patiente meurt dans une ambulance devant l’hôpital d’Aix-en-Provence faute de place aux urgences

Publié le par FSC

Révolution Permanente :

Ce mardi 6 janvier, une femme de 53 ans est décédée aux portes des urgences du Centre Hospitalier Intercommunal d’Aix-Pertuis à cause de la saturation du service. Un drame directement lié au manque de moyens des soignants et à la casse de l’hôpital public.

Anna Nolite

10 janvier

 
 

Mardi 6 janvier 2026, une femme de 53 ans est décédée à l’hôpital d’Aix-en-Provence après avoir attendu une prise en charge aux urgences alors que le service était complètement saturé. Transportée par les secours, elle est restée dans l’ambulance stationnée devant les urgences faute de place et de lits disponibles. Son état s’est aggravé jusqu’à provoquer un arrêt cardio-respiratoire et être enfin admise dans l’établissement après des heures passées dans le véhicule. Malgré les soins prodigués alors, elle décède en réanimation.

Ce drame a suscité une vive réaction des syndicats des professionnels de santé et relancé le débat sur la saturation chronique des urgences, le manque de personnel et les choix politiques qui saignent les services publics. [« Ce drame n’est ni imprévisible, ni isolé. Il était annoncé. »]->https://maritima.fr/actualites/faits-divers/aix-en-provence/10804/drame-a-lhopital-daix-en-provence-une-patiente-decede-en-attendant-des-soins-aux-urgences-le-syndicat-sud-sante-exige-le-plan-blanc.com] dénonce Sud Santé 13, alors que des alertes ont été ignorées par l’ARS (Agence Régionale de Santé) depuis le mois de novembre. Selon le personnel médical, il est courant depuis plusieurs années de voir des convois d’ambulances, parfois jusqu’à une dizaine de véhicules, attendre devant le service des urgences de l’hôpital d’Aix. « Parfois c’est 12 véhicules qui attendent ! Je travaille à l’hôpital depuis 45 ans j’ai bien vu la situation se dégrader. Il s’agit une fois de plus des conséquences des politiques du gouvernement sur un hôpital déjà sous tension. Au lieu de mettre de l’argent dans l’hôpital public, le gouvernement préfère le mettre dans l’armement et la guerre. Nous, on est là pour sauver des vies. » témoigne René Sale de FO CH Aix-Pertuis. Une situation intenable rendue encore plus précaire avec la fermeture des urgences de Manosque, de Cavaillon et d’autres communes redirigeant les patients vers le Centre Hospitalier Intercommunal d’Aix-Pertuis ou même Marseille, à plus d’une heure de trajet.

Cette catastrophe n’est pas isolée mais s’inscrit dans un contexte national extrêmement tendu qui surajoute à la saturation quotidienne de l’hôpital : grève des médecins libéraux contre le budget criminel de la Sécurité Sociale, épidémie de grippe et infections hivernales...

Alors que depuis des années, les travailleurs et travailleuses du secteur dénoncent le manque de personnels et de moyens pour soigner correctement, le gouvernement Macron avec la complicité du PS prévoit de encore couper dans les dépenses de santé, actant un financement déficitaire de 3,6 milliards par rapport aux dépenses « naturelles » de santé sur l’année 2026. Cette offensive austéritaire ne peut conduire qu’à des drames. Le personnel hospitalier à qui l’on intime de se serrer la ceinture pour financer la militarisation et les guerres de demain est en première ligne du projet macabre du gouvernement et des classes dominantes. De l’argent pour la santé, pas pour leurs guerres ! Exigeons un plan d’urgence et des moyens massifs pour l’hôpital public ! Il faut l’augmentation générale des salaires, la titularisation de l’ensemble des contractuels et un plan de recrutement massif de personnel : seul moyen de répondre à la crise de l’hôpital public. Pour ce faire, ce n’est pas dans des petits arrangements avec Macron mais bien en luttant depuis nos lieux de travail aux côtés des patients et des usagers du système de soin que nous obtiendrons un vrai changement.

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