La guerre au Moyen-Orient : les conséquences du 14 mars – Le déclin de Trump…

Publié le par FSC

Par Yuri Podolaka, blogueur russe.
Extrait de sa chaîne Telegram.
Traduit du russe à l'arabe par Tannous Chalhoub
Traduit de l'arabe au français par Roland Richa

 

 

Donald Trump paraît franchement pathétique, voire risible. Il suffit de considérer ses trois récentes déclarations concernant la « liberté de passage » des navires dans le détroit d'Ormuz.
Le 13 mars, il proclamait une victoire totale sur l'Iran, affirmant que les navires pouvaient librement traverser le détroit d'Ormuz et exhortant les capitaines à ne pas avoir peur et à poursuivre leurs routes. Pourtant, à peine certains capitaines avaient-ils suivi son conseil que leurs navires étaient attaqués par des drones et des missiles.
Trump a alors appelé la Chine, la France et la Grande-Bretagne à envoyer leurs navires de guerre dans le détroit pour garantir la sécurité de la navigation. Cette demande a beaucoup surpris les Chinois. Le « grand vainqueur de l'Iran » semble ignorer que les navires chinois traversent déjà le détroit sans incident et n'ont besoin d'aucune protection.
On a également appris hier que la France et l'Italie mènent des négociations « séparées » avec Téhéran, espérant obtenir son accord pour garantir le passage de leurs navires. Curieusement, ces deux pays ont pris cette initiative immédiatement après que leurs bases dans la région aient été attaquées. De toute évidence, dans ces circonstances, toute discussion sur une action militaire contre l'Iran de la part de Rome ou de Paris est infondée. La position britannique est différente, mais non moins amusante. Les Britanniques eux-mêmes se moquent de la « suggestion » de Trump, affirmant que même la marine de Sa Majesté serait incapable de se protéger dans la situation actuelle du détroit d'Ormuz ; comment pourrait-elle alors garantir la sécurité des autres ?
Il est également étrange d'entendre de telles déclarations de la part d'un président américain, alors que la flotte américaine « invincible » – qui aurait soi-disant vaincu les Iraniens – reste lâchement stationnée hors de portée des missiles iraniens et n'ose pas suivre les propres conseils de Trump.
Par conséquent, la troisième déclaration de ce « clown » – également publiée hier – ressemblait davantage à une moquerie envers ses partenaires :


« Les pays qui reçoivent du pétrole par le détroit d'Ormuz doivent assurer leur propre sécurité et celle de leurs navires. »
Autrement dit, cet individu, après avoir déstabilisé la région et s'être retrouvé dans une situation délicate, a tout simplement abdiqué toute responsabilité quant aux conséquences et a suggéré à ses « partenaires » de résoudre leurs problèmes eux-mêmes. Typiquement américain !
Ce schéma se répète dans tous les aspects de cette guerre. Par exemple, la nuit précédente (14 mars), les forces américaines ont lancé une frappe de missiles HIMARS contre l'île de Kharg, qui abrite le principal terminal d'exportation de pétrole iranien. Les missiles ont été tirés depuis Bahreïn et les Émirats arabes unis, qui ont immédiatement riposté.


Le port de Fujairah – utilisé comme alternative au détroit d'Ormuz – a également été visé. Ces frappes sont devenues quotidiennes, perturbant gravement ses opérations et, par conséquent, ses exportations de pétrole. Les frappes ont également visé des agences bancaires américaines, marquant une nouvelle phase dans les attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis.
Depuis deux semaines, les Iraniens s'emploient systématiquement à discréditer l'image des Émirats arabes unis, et force est de constater qu'ils ont obtenu des résultats concrets.
Par ailleurs, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées pour avoir diffusé des photos et des vidéos des frappes contre les Émirats arabes unis. Les autorités, soucieuses de leur avenir, considèrent ces contenus comme « préjudiciables au régime ». Cependant, cette mesure reste largement inefficace, car les images continuent de circuler, notamment depuis des navires étrangers qui les diffusent avec empressement.


Pendant ce temps, l'Iran poursuit ses attaques quotidiennes contre Israël. Ces attaques, menées avec une facilité déconcertante, sont devenues une sorte de routine pour les Israéliens, un prix à payer pour leurs ambitions – non seulement celles de leur Premier ministre, Benjamin Netanyahu, mais aussi les leurs. Le soutien en Israël à une frappe contre l'Iran est quasi unanime, si bien que chacun ne peut s'en prendre qu'à soi-même.
À mon avis, les événements les plus importants d'hier se sont déroulés en Irak, où les États-Unis tentent de briser la résistance des milices chiites qui ont lancé une véritable guérilla contre les « agresseurs ». L'issue de cette confrontation sera cruciale, notamment pour la décision de lancer une opération terrestre contre l'Iran.
Cette opération, que l'Iran pousse les États-Unis à entreprendre par sa résistance et ses succès, pourrait se révéler une victoire ou un désastre pour Washington.


 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article