Pour le Qatar, il faudrait « plusieurs semaines, voire plusieurs mois » pour que ses exportations d'énergie reviennent à la normale
Réaction en chaîne. Après la fermeture du détroit d’Ormuz, le ministre qatari de l’Énergie, Saad al-Kaabi, a affirmé auprès du Financial Times qu’il faudrait « plusieurs semaines, voire plusieurs mois » pour que les exportations d’énergie reviennent à la normale, ce même si la guerre illégale lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran prenait fin immédiatement.
Cette déclaration intervient à la suite d’une attaque iranienne par drone contre la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays, entraînant l’arrêt des exportations de GNL du Qatar – deuxième producteur mondial – pour cas de force majeure. Cela signifie qu’une entreprise est libérée de ses obligations contractuelles en cas de circonstances extraordinaires indépendantes de sa volonté.
Saad al-Kaabi a averti que la situation au Moyen-Orient pourrait « faire chuter les économies mondiales ». « Le prix de l’énergie va augmenter pour tout le monde. Il y aura des pénuries de certains produits et une réaction en chaîne se produira dans les usines qui ne pourront plus approvisionner leurs clients », a-t-il ajouté.
Le GNL qatari ne représente qu’environ 10 % de l’approvisionnement européen. Mais cette perte pourrait s’avérer critique pour le continent, car les acheteurs asiatiques, beaucoup plus dépendants du Qatar, surenchérissent sur les Européens pour tout le gaz disponible sur le marché.
Les Etats-Unis autorisent l'Inde à se fournir en pétrole russe pendant un mois
La fermeture du détroit d’Ormuz et l’augmentation des prix de l’énergie révèlent à quel point les alliances et partenariats commerciaux entre pays sont mouvants. Longtemps opposée à cette idée, l’administration Trump a finit par autoriser l’Inde à reprendre les livraisons de pétrole russe sous sanction, ce pour une durée d’un mois. Pour New Delhi, la situation urge puisque, comme l’a indiqué le ministère du Pétrole indien en début de semaine, les stocks d’or noir du pays seront épuisés dans deux semaines.
« Afin de garantir la continuité de l’approvisionnement du marché mondial en pétrole, le Trésor américain accorde une dérogation temporaire de 30 jours aux raffineurs indiens pour leur permettre d’acheter du pétrole russe, a confirmé ce vendredi le secrétaire états-unien au Trésor, Scott Bessent, sur X. Cette mesure transitoire permettra d’atténuer les pressions exercées par la tentative de l’Iran de prendre en otage le marché énergétique mondial. »
Washington prétend que cette dérogation, en vigueur jusqu’au 3 avril, n’apportera pas de bénéfice supplémentaire majeur à Moscou, puisqu’elle ne concerne que les transactions s’agissant du pétrole déjà bloqué en mer. L’objectif qui en découle est de ménager New Delhi à court terme en espérant qu’elle augmente ses achats de pétrole états-unien à long terme. Pour l’heure, rien n’est moins sûr.
