Après leur congrès, les tâches des communistes

Publié le par FSC

Congrès par ailleurs totalement censuré par l'ensemble de la presse tandis que Trump désigne le communisme comme l'ennemi absolu ...

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Tâches théoriques, tâches pratiques
par Franck Marsal

Le récent 40ème congrès du PCF a prix deux orientations majeures : d'abord, il a conclu de l'évolution des 50 dernières années la nécessité de l'établissement d'une société socialiste pour sortir la France de l'ornière capitaliste, ensuite, il a décidé de prendre toute sa place dans la vie politique de notre pays et en particulier, de défendre ses idées et ses propositions en présentant un candidat, Fabien Roussel, son secrétaire national étant proposé, à la prochaine élection présidentielle en France.

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Ces deux décisions sont donc bien liées. Les deux découlent d'une volonté de se placer dans le temps long, celui de la période historique de profondes transformations mondiales et nationales que nous traversons. Elles vont au bout de la démarche engagée par le 38ème congrès, en 2018 et confirmée par le 39ème en 2023 : la (re)construction d'un parti communiste, capable d'unir le prolétariat, le peuple et la nation française pour eux-mêmes, dans le rétablissement de la souveraineté, de la paix, de la modernisation du pays et de ses capacités productives. La décision de présenter un candidat à l'élection présidentielle ne doit pas être considérée sur un strict plan électoraliste. Elle vise en réalité l'objectif de reconstruction d'un parti communiste ancré au coeur du monde du travail, du prolétariat, comme outil d'organisation et d'unification dans l'action.

Les événements internationaux qui s'accélèrent encore ces derniers jours, confirment la justesse de ces analyses. Le sommet de l'OTAN a permis d'accélérer la marche à la guerre en Europe, visant directement la Russie, comme membre des BRICS et porteur d'un ordre international non hégémonique.

La déclaration publiée (https://www.nato.int/fr/about-us/official-texts-and-resources/official-texts/2026/07/08/strategy-for-industry-nato-cooperation) à l'issue du sommet rappelle que les pays européens de l'OTAN se sont engagés dans "une hausse historique" de leurs dépenses militaires. Le sommet avait pour but de confirmer l'engagement collectif de ces dépenses et d'en répartir les retombées sur l'industrie miltaire, des deux côtés de l'Atlantique. La déclaration considère que "Ces hausses historiques de leurs dépenses de défense exigent dès lors que l’industrie de défense soit forte, innovante et réactive car il y va de notre sécurité collective. En effet, c’est cette industrie qui permet aux Alliés de disposer des équipements requis pour combattre, d’accentuer leur avance technologique, et d’améliorer le niveau de préparation et l’interopérabilité de leurs forces. La coopération transatlantique dans le domaine de l’industrie de défense est un maillon essentiel de la dissuasion et de la défense de l’OTAN."

Dans cette fusion organique entre les structure de l'OTAN et la production de l'industrie militaire transatlantique, la souveraineté et la démocratie n'ont plus aucune place. Les peuples sont sommés de se mettre au service de la future guerre, tant individuellement, en acceptant la hausse de l'exploitation pour financer les dépenses ou la future mobilisation de leurs enfants, que collectivement, en subissant la destruction non seulement des services publics mais de la structure démocratique nationale elle-même. La déclaration décrit la responsabilité prise par l'OTAN et ses agences dans la conduite de la préparation à la guerre en Europe.

Ainsi, la "Voie à suivre" (c'est le titre explicite de la conclusion) est clairement exposée en conclusion de la déclaration : "La Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA), qui joue un rôle clé dans le développement de la coopération avec l’industrie, établira, d’ici octobre 2026, un plan de mise en oeuvre en concertation avec les industriels au travers du NIAG et du DIPB. Ce plan définira toute une série de tâches à confier aux Alliés et à l’OTAN pour mettre en oeuvre la présente stratégie, et en précisera les échéances."

Le plan de montée en charge de l'industrie militaire de l'OTAN, sous la direction de cette organisation, doit être élaboré dès octobre. Pour l'atteinte des objectifs de militarisation de l'économie, "des tâches seront confiées aux alliés". Les deux instances citées dans cette conclusion ont un rôle tout aussi clair :

1. Le NIAG : "Le Groupe consultatif industriel OTAN (NIAG) est un organe consultatif composé de représentants de haut niveau des grands acteurs industriels des pays de l’OTAN, qui ont des échanges de vues francs et ouverts sur les aspects industriels, techniques, économiques, managériaux et autres de la recherche et développement relative aux équipements de défense et de sécurité et de leur production au sein de l’Alliance. Les industries des pays de l’OTAN et des pays partenaires y sont représentées par des chefs de délégation. Par l’intermédiaire de ses groupes d’interface, le NIAG s’emploie à améliorer les échanges entre les organes de travail et les partenaires industriels du secteur de la défense et à présenter le point de vue de l’industrie sur des activités et tâches spécifiques."

2.Le DIPB : "Le Bureau Production industrielle de défense (DIPB), créé en application du plan d’action sur la production pour la défense, est un organe consultatif chargé de concourir à la mise à disposition de capacités de défense au profit de l’OTAN et des Alliés. Pour ce faire, il facilite le partage des bonnes pratiques, il remet des avis et formule des recommandations sur des questions en lien avec la planification industrielle de défense et les acquisitions, et il favorise une concertation mutuellement bénéfique entre les différents acteurs. Il est composé de hauts représentants des pays de l’Alliance, qui traitent principalement de capacités industrielles, de sécurité des chaînes d’approvisionnement et de normalisation/d’interopérabilité. Le Bureau relève directement de la CDNA."

D'autres groupes et instances seront chargés de différents aspects pratiques, comme la centralisation au niveau de l'OTAN des achats de capacité, la coopération avec le monde de l'université et de la recherche, l'acquisition des technologies de communication et de guerre cybernétique, le repérage des technologies innovantes à "double potentiel" (civil et militaire), la mise en place d'un fond de capital-risque au niveau de l'OTAN pour le financement de la recherche et développement dans le domaine des hautes technologies, la montée en échelle des capacités de développement et de production, l’intégration de systèmes autonomes, d’outils d’intégration de données et de solutions d’intelligence artificielle dans les opérations navales,

Ce plan général de guerre à court terme vise une mobilisation sans précédent et une centralisation complète des capacités industrielles au service de l'OTAN, et de son principal commanditaire, les USA. Il n'y a aucun mystère dans le partage des rôles établis par les USA : Les USA se chargent prioritairement de la guerre contre l'Iran, qui a repris à grande échelle après un cessez-le-feu qui n'a été qu'une couverture temporaire du besoin de réorganisation des forces, et de la préparation de la future confrontation avec la Chine. Les pays européens de l'OTAN se voient confier la préparation de la guerre contre la Russie, sous la direction opérationnelle et stratégique très claire des USA via l'OTAN.

Les peuples, et particulièrement, le peuple français, ne sont pas consultés. Ils ne sont qu'un pion dans le schéma général de guerre, dans lequel, comme l'avait souligné devant les maires de France le nouveau Chef d'Etat Major des Armées, ils devront accepter de voir mourir leurs enfants. Le cadre de façade démocratique est abandonné.

C'est dans ce contexte qu'il faut replacer les décisions du congrès du PCF, même si ce contexte n'a pas été exposé ni considéré comme tel. L'instinct de classe, la mémoire historique n'ont pas été complètement détruits et les congressistes (y compris un grand nombre de jeunes) vivent au quotidien ce monde d'exploitation et de contrainte généralisée.

La jeunesse de France n'a pas grandi dans le même moule que ses aînés, qui avait été encore protégés par la persistance d'un certain nombre de conquêtes ouvrières de 1945 - 1946. Elle sait dans quel monde elle vit et c'est pourquoi elle a particulièrement rejeté les conceptions passéistes héritées de la période de néo-réformisme des années 1980 - 1990. Elle a fait le choix courageux du socialisme et de la construction d'un parti communiste appuyé sur les enseignements de l'histoire : la rigueur organisationnelle, la clarification théorique et l'implantation au coeur du prolétariat. Ces trois éléments vont de pair et ne peuvent être dissociés.

Ces choix devront être désormais conduit dans l'action et il en résulte en premier lieu des tâches pratiques, notamment celle de la reconstruction de notre capacité organisationnelle collective. Le chemin sera long et difficile.

Notre nouvelle rubrique "Vie du PCF", se fixera pour objectif d'y contribuer, notamment en mentionnant toutes les initiatives prises localement afin qu'elles soient partagées, soutenues et que les enseignements de chaque action menée puissent bénéficier à tous. Faites nous remonter toutes vos initiatives, vos appels à action et à soutien.

 

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