Le développement de la réflexion se poursuit à l'Université d'été du PCF
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Avant de développer en détail le contenu d'un certain nombre d'ateliers et discussions très importants qui ont pu avoir lieu durant l'Université d'Eté 2026 du PCF, voici quelques éléments d'ordre généraux sur ce que ma perception des échanges indique de l'état du parti, du développement de la réflexion collective après le 40ème congrès et sur les perspectives de préparation de la campagne électorale. Compte tenu de l'accélération de la crise internationale, des conséquences qui commencent à se faire sentir sur les prix des marchandises et sur la disponibilité d'un certain nombre de matières premières industrielles et agricoles, celle-ci ne sera pas le déterminant unique de la vie politique, mais sera systématiquement percutée par cette crise et les développements de la lutte des classes qui s'en suivront. L'évolution du parti est pleine de contradictions, mais elle est elle-même travaillée par cette accélération des crises internationales et nationales.
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Personne ne peut assister à tous les ateliers, ma perception s'appuie sur ce à quoi j'ai assisté, ce dont j'ai échangé avec un certain nombre de camarades et à ce titre, elle reste personnelle et subjective.
1er élément : bien sûr, rien n'est gagné, rien n'est obtenu sans un travail acharné et le cas échéant, un certain niveau de combativité est nécessaire pour obtenir qu'un atelier ait lieu, même s'il porte sur une des avancées majeures du congrès (le socialisme), pour que le choix des intervenants reste conforme au projet présenté, etc. C'est ce que nous avons vécu très concrètement. Et nous avons également bien perçu que, selon le sens et l'origine des propositions, le traitement reçu n'est pas identique.
2ème élément : la jeunesse communiste n'a pas du tout l'intention d'être un mannequin dans le parti. Nous avions déjà noté à plusieurs reprises que les générations les plus jeunes vivent dans une société radicalement différente de celles de leur parents. La précarité et la prolétarisation massive de nombreuses couches sociales, la disparition des services publics, la fascisation de la société et la perspective inquiétante de dérèglement climatique et de la guerre font que, pour la plupart des nouvelles générations, la perspective d'une transformation pacifique du capitalisme, basée sur l'approfondissement de la "démocratie", ne sont plus du tout des éléments tangibles de la réalité. Cela s'est manifesté sur plusieurs débats, comme le débat sur le socialisme, le débat sur la "dictature du prolétariat", mais aussi une série de débats se rattachant à la situation dramatique des rapports sociaux sur les lieux de travail, comme par exemple la question de la traite des êtres humains, celle des jeunes morts au travail. Sur l'ensemble des débats et dans les discussions hors débat, j'ai vu une jeunesse communiste déterminée, appliquée, préparant chaque débat, chaque intervention avec sérieux, articulant théorie et pratique et travaillant ardemment pour développer sa pensée, son expérience, ses outils.
3ème élément : Le développement, qui me semble prometteur et très important d'un dialogue intergénérationnel politique et critique au sein du parti. Le double hommage rendu à Danielle Bleitrach, d'une part par Fabien Roussel lui-même, au travers de la photo prise avec ses deux derniers ouvrages, le "Zugzwang" et "Quand la France séveillera à la Chine" mais également par Jean-Paul Legrand à la fin de son intervention (nous y reviendrons). Je mets également dans cet ensemble l'intervention de François Asensi, celle de Jean-Paul Legrand dans l'ensemble de ce contenu, et probablement - même si je n'ai pas pu assister à cet atelier, celui d'André Chassaigne intitulé "Communiste en terre chrétienne", et même le débat mené par Gérard Streiff sur la "dictature du prolétariat", sur lequl nous reviendrons également. Dans ce dialogue critiique, il n'y a pas d'opposition superficielle entre les générations, mais au contraire un questionnement commun sur le cours des 50 dernières années, la conviction partagée que cette période doit faire l'objet d'un travail approfondi, d'un requestionnement, à partir notamment de l'éclaraige concret de la réalité d'aujourd'hui, afin de retrouver la capacité de reconstruction d'un parti communiste, capable de développer dans la société actuelle les consciences, l'organisation et pour résoudre, dans une pratique révolutionnaire de masse, la crise sociale, nationale et internationale que nous traversons.
4ème et dernier élément, avant de rentrer plus en détail dans d'autres articles sur le contenu des ateliers, la nécessité de prendre en compte la souffrance d'un grand nombre de camarades, confrontés à des difficultés importantes pour participer à la vie du parti en toute fraternité, pour simplement obtenir une adhésion, une intégration dans certaines sections ou fédérations, pour pouvoir contribuer à la mise en application des décisions de congrès et pouvoir, simplement préparer la campagne présidentielle décidée par le congrès. Je n'avais pas conscience de ce niveau de difficulté et des souffrances qu'il engendre et surtout, du grand nombre de camarades concernés, non par de simples désaccords mais par des pratiques véritablement problématiques. Pour beaucoup de camarades, ces difficultés sont d'autant plus pénibles qu'elles s'ajoutent à celles de la vie quotidienne, la cherté des prix, les brimades au travail, la précarité, les difficultés pour accéder au logement ou aux soins, alors que le parti communiste, dans sa fraternité, devrait être un espace où la lutte commune et fraternelle permet de relever la tête, de se sentir plus fort. Nous en avons brièvement échangé avec Danielle, qui m'a répondu :"Je n'arrête pas de te le dire.".
Ce sont ces différents éléments qui m'amènent à conclure qu'en réponse à la crise qui s'accélère, aux transformations du monde, la réflexion se développe dans le parti et ce développement s'accélère. Le 40ème congrès a porté un certain nombres de conclusions. Le travail se poursuit et les communistes, dans la diversité de leur expérience s'en saisissent collectivement. L'Université d'été a marqué quelques avancées collectives indéniables avec toutes les contradictions que peut porter un tel processus après des décennies de désorientation.
La limite qui se fait jour de plus en plus dans ces différents est à mon sens celle de l'organisation. Tant dans l'action, que dans la réflexion, nous allons maintenant avoir besoin de clarifier, de stabiliser une organisation efficace du travail, permettant à chaque camarade de participer sereinement au travail collectif. La visibilité du parti et de notre candidat ne pourra résider que dans une développement significatif, qui doit être planifié, de nos capacités d'interventions : tracts, journaux, présences sur les lieux de travail et dans les quartier. La mise en place de véritables campagnes est également nécessaire sur les réseaux sociaux, c'est une des manières de peser sur les algoritmes qui sinon, réduisent notre visibilité. Tout cela nécessite des moyens, des instruments, de l'organisation de la formation ...
Le travail des idées aussi doit être planifié. Il nécessite des priorités claires (celles fixées collectivement par le congrès et le CN), des organisations, des outils et des méthodes. Quelles suites aux débats de l'Université d'Eté ? Pourquoi ne pas prolonger ou reconduire certains débats importants à la Fête de l'Huma puis dans les fédérations ? Au vu du bilan du congrès, le socialisme devrait en faire partie, mais pas seulement. Comment introduire les avancées du congrès dans nos formations, donc chacun sait qu'elles doivent être développées, systématisées, structurées en un ensemble cohérent ? Et comment rendre visible ces avancées et ce travail auprès de nos sympathisants et de la population, sans intégrer à cette démarche l'ensemble de notre presse, qu'elle soit spécialisée ou généraliste.