Benyamin Netanyahou avait été prévenu de l’attaque du Hamas deux semaines avant le 7 octobre, selon Haaretz

Publié le par FSC

Antoine Portoles
L'Humanité du 08 septembre 2026

 

Benyamin Netanyahou, ici le 12 juillet 2026 à Jérusalem, nie tout en bloc et continue de prétendre que son entourage… avait tardé à le réveiller le matin du 7 octobre.
© IMAGO / UPI Photo

 

Selon une enquête dévoilée mardi par Haaretz, le premier ministre israélien a été averti dès septembre 2023 par le président émirati, Mohammed ben Zayed, de préparatifs du Hamas en vue d’une attaque d’ampleur contre Israël. Les appels à la démission fusent dans le pays.

Il savait, mais n’a rien fait. D’après une enquête dévoilée mardi par Haaretz, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a été informé dès le 23 septembre 2023, par le président des Emirats arabes unis, Mohammed ben Zayed (MBZ), que le Hamas fomentait une attaque majeure contre Israël.


Toujours selon le quotidien israélien, il n’a alors pas jugé bon de transmettre l’information aux chefs de service de sécurité. On connait la suite : plus de 1 220 israéliens assassinés par les membres du mouvement islamiste palestinien, le 7 octobre. Et, depuis, l’accélération de la politique génocidaire israélienne dans la bande de Gaza et du nettoyage ethnique visant les Palestiniens en Cisjordanie occupée.


Dans le détail de la chronologie des événements, l’enquête d’Haaretz affirme que le chef du Hamas, Yahya Sinouar, tué depuis par Israël, avait déclaré à un intermédiaire du Fatah palestinien qu’« une opération terrifiante » digne d’un « tremblement de terre » était en cours de préparation. L’information serait alors remontée jusqu’aux oreilles de MBZ, qui a, à son tour, prévenu Netanyahou.

Appels à la démission à Tel-Aviv


Sans surprise, l’intéressé nie tout en bloc et continue de prétendre que son entourage… avait tardé à le réveiller le matin du 7 octobre. Son cabinet a dénoncé un « mensonge total », niant même l’existence d’un échange avec MBZ deux semaines avant le drame.
Pour l’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot, c’en est trop. Pointant du doigt des excuses « pathétiques », le militaire a rappelé que Benyamin Netanyahou « a reçu des dizaines d’avertissement pour le 7 octobre et il les a tous ignorés. Il n’est pas apte » à gouverner, a-t-il conclu.


Même revendication du côté de l’ancien premier ministre israélien Naftali Bennett, pour qui Benyamin Netanyahou porte une « responsabilité personnelle et directe » dans les crimes du Hamas et « ne peut pas continuer à exercer sa fonction une minute de plus ».
Les oppositions, qui réclament en vain depuis des mois la création d’une commission d’enquête indépendante aux membres nommés par la Cour suprême s’agissant de la gestion de cette crise – demande refusée par le président du Likoud, sont aussi vent debout suite à ces révélations. Elles comptent faire monter la pression à l’approche des élections législatives, qui se tiendront le 27 octobre.

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