Les salaires stagnent mais les entreprises du CAC 40 ont versé 61 milliards d'euros de dividendes au deuxième trimestre, le montant le plus élevé d'Europe

Publié le par FSC

Hélène May
L'Humanité du 15 septembre 2026

En tête de ces bienfaiteurs d’investisseurs, Sanofi, la société pharmaceutique biberonnée aux aides publiques, avec 5 milliards d’euros versés
© iStock

 

Les sociétés françaises cotées en Bourse ont versé près de 61 milliards d’euros de dividendes au deuxième trimestre 2026, ce qui les place à la deuxième place du palmarès mondial de la rétribution des actionnaires, derrière les Américaines.
À l’heure où, de l’extrême droite au centre, les appels à couper dans la protection sociale se multiplient, voilà un chiffre qui laisse rêveur. Au deuxième trimestre 2026, les entreprises du CAC 40, celles qui sont cotées en Bourse, ont versé près de 61 milliards d’euros à leurs actionnaires, soit à peine moins que la moitié du déficit de la France.


Cette performance en fait les championnes d’Europe toutes catégories, devant l’Allemagne (44,5 milliards d’euros), l’Italie (15,1 milliards) et l’Espagne (11,5 milliards). Elle les place au deuxième rang, derrière les entreprises américaines qui ont reversé, elles, près de 153,6 milliards d’euros.

Le classement de tête


En tête de ces bienfaiteurs d’investisseurs, Sanofi, la société pharmaceutique biberonnée aux aides publiques, avec 5 milliards d’euros versés, suivie par la compagnie Axa (4,9 milliards) et enfin Bolloré (4,2 milliards, dont une partie revient dans les poches du groupe du milliardaire d’extrême droite). Les travailleurs français, dont les salaires stagnent depuis 2021, apprécieront.


Preuve s’il en est que le système financier sert bien plus à s’autoalimenter qu’à investir, il est au niveau mondial la première source de cette pluie de dividendes, avec 207,8 milliards d’euros versés, soit un chiffre en hausse de 8,1 %.
En comparaison, l’industrie fait pâle figure, avec 75 milliards d’euros seulement reversés aux actionnaires, devant le secteur tech (62 milliards). Ces chiffres pharaoniques sont d’ailleurs tirés par d’importants rachats d’actions, une pratique devenue massive qui sert à tirer les cours vers le haut. Ils ont atteint à peine moins de 500 milliards d’euros, soit un bond de 26,8 %. Preuve que pour certains, l’argent magique existe bien.

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