Rien ne pourra se faire dans notre pays tant que la France subira les conséquences de la guerre et de l'économie de guerre

Publié le par FSC

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PUBLIÉ PAR FRANCK MARSAL

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La fête de l'Huma

Avant de commenter le discours, quelques mots sur la fête elle-même. L'immense travail des batisseurs communistes a produit comme chaque année un rendez-vous politique et festif de grande qualité. Un moment unique, une construction incroyable, capable d'accueillir en toute sécurité des centaines de milliers de personnes, de les nourrir intellectuellement, culturellement et physiquement, d'en loger une bonne partie et d'y organiser toute une vie sociale pendant 3 jours.

Dans les conditions de la pré-campagne présidentielle, le rendez-vous, ouvert depuis les années 2000 à l'ensemble des forces de gauche a pris une tournure particulière.

Vous accueillez des gens dans votre maison, et voilà qu'ils vous prennent pour leurs larbins et multiplient les provocations.

La direction de la Fête avait accordé à Jean-Luc Mélenchon de faire son meeting, non pas sur le stand LFI, mais dans l'Agora, un des lieux les plus centraux et les plus visibles de la Fête. La LFI semble avoir déduit de cet accueil que la fête lui appartenait. A l'ouverture, tous les abords de la fête avaient été recouverts d'affiches LFI.

Dans les allées de la fête, les militants LFI distribuaient des tracts appelant à se rendre au meeting de Mélenchon. Au début de meeting, ces mêmes militants vocifèrent "Non, Roussel n'est pas un camarade". Une attaque personnelle d'une rare bassesse, contre le secrétaire national et candidat choisi très majoritairement par les communistes.

Il y a de quoi s'interroger, tant sur le comportement de LFI que sur l'absence de remise en question, par la direction de la Fête, du déroulement des événements et du comportement des "invités".

Heureusement, la réaction des milliers de militants et de batisseurs communistes fut toute en dignité, et le public n'est pas entré dans le jeu sectaire qui lui était proposé. La crise française, la situation mondiale appellent les personnes de bon sens à la responsabilité. La plupart l'ont compris. Lors du meeting de Fabien Roussel, aucune attaque envers aucun candidat de gauche n'a été exprimée, ni bien sûr par le candidat, ni par le public. L'urgence est de répondre aux attentes des français et au défi de la situation de notre pays.

La paix, sans ambiguïté !

Revenons donc sur le fond, sur les propositions des communistes, exprimées par notre candidat et secrétaire national.

En ouvrant sa conclusion sur la phrase placée en titre, "Rien ne pourra se faire dans notre pays tant que la France subira les conséquences de la guerre et de l'économie de guerre", Fabien Roussel a rappelé une évidence : l'usage des campagnes électorales en démocratie capitaliste, c'est la multiplication des promesses, qui ont tôt fait, dès les élections dépouillées, d'être rangées aux oubliettes. Plus que le programme, c'est le cap qui compte, sa pertinence par rapport à la situation réelle, et la capacité de mobilisation pour le réaliser face aux oppositions de classe.

Deuxième point important de cette phrase : D'où parle-t-on ? L'élection est celle du président de la République Française. L'enjeu, c'est donc la France. C'est à l'aune de l'intérêt commun du peuple de France, de la nation que l'on s'exprime et que l'ont doit évaluer les discours. Bien sûr, la paix est un intérêt commun évident à l'humanité. Oui, la nation française a des intérêts communs et c'est autour de ces intérêts commun qu'une large unité peut se faire, capable d'emporter la force d'action nécessaire pour transformer les rapports sociaux, moderniser le système productif et rétablir les bases du développement dans notre pays.

Fabien Roussel est allé plus loin qu'affirmer la nécessité de la paix. Il a posé un cadre clair et "sans ambiguité" pour sa réalisation :

"Jamais la guerre ne sera le chemin pour faire aboutir la paix. Jamais, jamais, jamais. Nous voulons bâtir une France qui choisira le camp de la paix et participera à toutes les coalitions internationales pour faire taire les armes, pour appeler au cessez le feu, pour dialoguer avec toutes les parties quelles qu'elles soient. Le chemin vers la paix ne passera jamais par l'escalade militaire. C'est la diplomatie le chemin et la France doit prendre cette position de manière claire. Sortons de toute forme d'ambigüité. "

L'échec croissant des USA au Moyen Orient ne mène pas seul à la paix. Au contraire, il tend les relations et pousse les pays engagés sur la voie de la guerre et de la militarisation vers l'escalade. Affirmer la nécessité du dialogue "avec toutes les parties" est nouveau (en tous cas sur une formulation aussi nette et claire) et n'a pas d'équivalent au niveau des autres candidats. La conquête de la rive nord du détroit de Bab El Mandeh par le Yemen houthiste et la mise hors service du pipeline de Yambu qui permettait à une partie du pétrole du Golfe Persique de contourner le détroit d'Ormuz renforce la crise pétrolière exactement au moment où l'occident a déjà beaucoup puisé (voire épuisé) ses réserves stratégiques.

Fabien Roussel a parfaitement raison de formuler les choses ainsi : "Il n'y aura pas de progrès social, pas d'avancée dans notre pays si la France continue d'investir dans les armes, dans l'armement et de s'aligner derrière l'OTAN, d'investir dans les bombes plutôt que dans nos écoles, plutôt que fdans nos hôpitaux. Nous voulons plus de sécu et moins d'obus." Oui, aucun progrès social, ni économique n'est possible sans rétablir le le dialogue au sein de l'Eurasie, car seul le rétablissement du dialogue, de la confiance, dans un cadre de respect mutuel permettra de rétablir les flux commerciaux stratégiques qui alimentent l'Europe. L'Europe n'a pas, seule, de ressources énergétiques suffisantes pour son développement. Les principaux champs de gaz et de pétrole sont ceux de la Mer du Nord, principalement situés dans la partie nord, dans les zones économiques exclusives de l'Ecosse et de la Norvège. Même avec son énergie nucléaire particulièrement développée, la France ne peut se passer de ces flux si elle veut envisager son développement et sa modernisation.

Or, cette voie de la paix et du dialogue n'est pas celle choisie par les vieilles bourgeoisies européennes, qui persistent, malgré les échecs, dans la voie de la guerre et de la militarisation. Bien au contraire. Et il est intéressant de voir pointer par Fabien Roussel "l'alignement sur l'OTAN", là où souvent, d'autres pointent par commodité, car c'est plus "politiquement correct", un seul alignement sur les USA, voire, en personnalisant, ce qui est encore plus facile, sur "Trump". Or, tirant les leçons de l'imprévisibilité et de l'affaiblissement des USA, le camp de la guerre impérialiste ne renonce pas à conquérir ces ressources par la force, et à dicter ses conditions à la Russie. Il se réorganise, autour de l'UE et de par partie européenne de l'OTAN. Il n'y a pas de hasard à voir surgir dans ce contexte la demande conjointe de l'Ecosse, de l'Irlande du Nord et du Pays de Galles de briser le Royaume-Uni, de prendre leur indépendance et de rejoindre l'UE.

En même temps, la question de l'abandon des neutralités de l'Autriche et de la Suisse est posée et le premier ministre du Canada envisage un statut d'association à l'UE pour son pays. Les ressources en pétrole et gaz de la Mer du Nord ne peuvent suffire à assurer le développement de l'Europe, mais il est fort possible que quelques fous considèrent qu'elles seront suffisantes pour mener la guerre contre la Russie et permettre le contrôle par l'UE de l'accès aux champs pétroliers du Caucase, de la Caspienne et de l'Asie Centrale.

Il y a donc bien deux voies, celle d'une Eurasie ouverte et connectée, fondée sur le respect mutuel et le développement gagnan-gagnant, au coeur d'une communauté de destin pour l'humanité, et celle de la perpétuation des rapports de domination impérialistes, par une longue et terrible guerre, à rebours du mouvement historique général.

Par son discours, dans le prolongement de son excellent passage aux "Quatre vérités", Fabien Roussel s'est positionné comme la seule voix pour le chemin de la paix, de la coopération et du développement, la seule voie réaliste de l'intérêt commun de la nation française. L'ensemble du PCF doit se saisir de cet enjeu historique pour notre pays et approfondir et développer per la voie ouverte.

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