Conditions de travail « inhumaines » : une quatrième communauté Emmaüs en grève
SOURCE : Le Parisien
Les compagnons sans-papiers d’Emmaüs de Nieppe (Nord) dénoncent leurs conditions de travail et réclament leur régularisation. Ils rejoignent les communautés de Saint-André-Lez-Lille, Grande-Synthe et Tourcoing.

Les compagnons sans-papiers de la communauté Emmaüs de Nieppe (Nord) ont entamé une gève "illimitée". (illustration) LP / Ph Lavieille
Par Le Parisien avec AFP
Ils protestent contre des conditions de travail « inhumaines » et « indignes » et réclament leur régularisation. Les compagnons sans-papiers d’Emmaüs de Nieppe (Nord) ont entamé samedi une grève « illimitée », rejoignant ainsi les communautés nordistes de Tourcoing, Saint-André-Lez-Lille et Grande-Synthe, a-t-on appris de sources concordantes.
« C’est avec beaucoup de tristesse que nous vous annonçons qu’à notre tour nous sommes bloqués par certains de nos compagnons et la CGT », a indiqué la communauté Emmaüs de Nieppe sur Facebook. Les douze compagnons sans-papiers ont commencé la grève « ce matin à 8 heures sur les mêmes revendications » que les autres communautés en grève, a indiqué, Pascal Blindal, de l’Union départementale CGT, qui soutient le mouvement.
« Ils réclament une régularisation, qui leur a été promise, immédiate et sans condition », a-t-il affirmé, dénonçant « un système de travail dissimulé » avec « une main-d’œuvre captive qui ne peut pas partir car les personnes ne sont pas régularisées ». « Le système d’exploitation est bien rodé : promesse d’une régularisation au bout de trois ans en échange de l’acceptation d’une durée de travail de 40 heures par semaine pour un pécule de 380 euros par mois », pointent dans un communiqué la CGT Armentières et le Comité des sans-papiers 59. Les sans-papiers réclament aussi « la reconnaissance du travail dissimulé » et « le versement des réparations qui en découle ».
Enquête pour « traite d’êtres humains »
Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement initié par la communauté de Saint-André-Lez-Lille, dont une vingtaine de compagnons sans-papiers est en grève depuis début juillet. Cette communauté est visée depuis mai par une enquête pour « traite d’êtres humains » et « travail dissimulé ».