Arrêtez le massacre à Gaza : l’heure de la responsabilité !

Publié le par FSC

Par Alexandre Kamarotos, directeur général du Mouvement Défense des Enfants International à Genève.
Tribune - L'Humanité du 14 juillet 2025

 

 

Le drame qui se déroule à Gaza n’est plus un simple conflit : c’est un massacre, perpétré sous les yeux du monde entier. Nous sommes tous témoins, et, par notre silence ou notre inaction, tous complices du supplice infligé au peuple palestinien.

Un piège humanitaire meurtrier


Récemment, plus de 800 civils ont perdu la vie à Gaza lors d’une prétendue distribution d’aide humanitaire, qui s’est révélée être un piège mortel. Derrière la façade d’une « Fondation humanitaire de Gaza », soutenue par Israël et les États-Unis, se cachait une opération qui a coûté la vie à des innocents, dont de nombreux enfants cherchant simplement à survivre. L’antenne genevoise de cette organisation a été dissoute par l’Autorité fédérale de surveillance des fondations (AFS), mais le mal est déjà fait et continue sous l’œil des caméras internationales.

Des chiffres qui glacent


Les données officielles, probablement sous-estimées, témoignent d’une catastrophe humanitaire sans précédent :

57 680 personnes tuées, dont 17 121 enfants
137 409 blessés, dont 34 173 enfants
11 200 disparus, probablement sous les décombres
95 % des écoles endommagées
Ces chiffres, issus de l’UNICEF, illustrent l’ampleur du désastre.

Les enfants, premières victimes et cible privilégiée


Les enfants paient le prix le plus lourd. Plusieurs observateurs et experts des Nations unies ont qualifié la situation de « guerre contre les enfants ». Le rapport annuel du Secrétaire général des Nations unies sur les enfants et les conflits armés, présenté en juin au Conseil de sécurité à New York, a enregistré pour la troisième année consécutive un record mondial de violations graves contre les enfants : meurtres, mutilations, déni d’accès humanitaire, autant de drames vécus quotidiennement à Gaza. Les violations sont systématiquement vérifiées selon les protocoles onusiens. L’an dernier, Israël a été ajouté à la « liste de la honte » des États commettant ces crimes de façon répétée. Malgré cela, Israël a rejeté le rapport et refusé toute coopération avec l’ONU. Le rapport 2025 maintient Israël sur cette liste, mais que valent ces efforts pour la redevabilité et l’application du droit international si tout se solde par l’inaction ? Faudra-t-il attendre un quatrième record en 2026 ?

Une économie du génocide


Selon la rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese, le massacre de Gaza est alimenté par une économie cynique : ventes d’armes, technologies de surveillance, industries extractives et investissements financiers. Des entreprises profitent de la destruction, tandis que les colonies israéliennes illégales spolient les Palestiniens et violent le droit international en exploitant leurs ressources.

Que faire ?
Pour mettre fin à cette spirale, il est urgent d’agir :

Actualiser la base de données de l’ONU sur les entreprises impliquées dans les colonies illégales
Rompre tous les liens économiques avec les entreprises profitant de l’occupation
Réglementer et sanctionner les entreprises complices de l’apartheid
Appliquer des études d’impact sur les droits humains à toutes les politiques économiques
Réaffirmer le droit des Palestiniens à l’autodétermination et condamner l’exploitation de leurs ressources
L’appel à la communauté internationale
Il est temps d’exiger des comptes. Les États et les entreprises doivent être tenus responsables de leur complicité dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et l’apartheid. La communauté internationale ne peut plus détourner le regard : il faut défendre les droits et la dignité des enfants palestiniens, et garantir la justice à tous les niveaux.

La France doit agir


Monsieur Macron a su faire preuve de courage en réunissant les chefs d’État à Kiev pour soutenir l’Ukraine. Les citoyens français attendent de lui la même détermination pour mettre fin au massacre à Gaza et œuvrer pour une paix juste et durable. Arrêtez le massacre. L’histoire jugera notre silence.

 

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