Pourquoi l’Occident mène-t-il une guerre de propagande contre la Chine ?
Dans le texte qui suit, basé sur un discours prononcé dans une école de jour de la Black Liberation Alliance à Londres, Carlos Martinez explique pourquoi la montée en puissance rapide de la Chine et sa politique de coopération gagnant-gagnant avec les pays du Sud menacent l’hégémonie occidentale et alimentent la nouvelle guerre froide actuelle qui est en train de virer à une offensive fasciste dans l’espoir vain de la part des Etats-Unis avec la complicité faite de lâcheté et de chacun pour soi de ses « alliés » pour tenter de régresser vers l’unipolaire.
Les USA sont incapables de maintenir le système d’alliance antérieur, et l’autodestruction du système est manifeste en créant partout des drames, des guerres, voire des génocides programmés
note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete
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Carlos commence par souligner l’ampleur extraordinaire de la transformation de la Chine : d’un des pays les plus pauvres du monde il y a seulement 75 ans, elle est devenue un leader mondial dans les domaines des énergies renouvelables, des infrastructures, des télécommunications, de l’intelligence artificielle, des véhicules électriques et autres technologies de pointe. Ce bond économique et technologique s’est accompagné d’une nette amélioration du niveau de vie – l’espérance de vie moyenne est passée de 35 ans en 1949 à 79 ans aujourd’hui – et la Chine poursuit sans relâche la « modernisation de la prospérité partagée », veillant à ce que les fruits du développement profitent à l’ensemble de la population.
Carlos oppose ces progrès à la trajectoire néolibérale de l’Occident, marquée par les inégalités et la stagnation. Surtout, l’ascension de la Chine ne repose ni sur le colonialisme ni sur la guerre. Au contraire, la Chine s’allie aux pays du Sud, renforce les institutions multipolaires telles que les BRICS et l’OCS, et noue des partenariats fondés sur l’égalité souveraine et l’intérêt mutuel. Les investissements chinois en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes sont exempts des conditionnalités coercitives qui caractérisent généralement les relations commerciales et d’investissement occidentales.
La Chine conteste donc l’impérialisme tant sur le plan matériel qu’idéologique. Sur le plan matériel, elle aide les pays à sortir du sous-développement tout en défendant leur souveraineté. Sur le plan idéologique, elle offre l’exemple moderne par excellence d’un modèle à orientation socialiste garantissant prospérité, stabilité et développement durable. À mesure que le niveau de vie des travailleurs chinois se rapproche – et commence à dépasser – celui des pays occidentaux, la légitimité du capitalisme occidental s’affaiblit de jour en jour.
En réponse, les États-Unis et leurs alliés intensifient leur politique d’endiguement à long terme, tout en menant une guerre de propagande qui dépeint la Chine comme autoritaire, répressive, expansionniste et prédatrice. Carlos conclut que les forces progressistes et pacifistes occidentales ont la responsabilité cruciale de contester cette propagande de guerre et de se montrer solidaires de la Chine et des pays du Sud.
On m’a demandé de parler des raisons pour lesquelles la montée en puissance de la Chine et son programme de coopération gagnant-gagnant avec les pays du Sud constituent une telle menace pour l’hégémonie occidentale – et comment cela se manifeste par une nouvelle guerre froide et par une propagande alarmiste sur le communisme.
La première chose à faire est donc de comprendre l’ampleur de l’ascension de la Chine, qui est tout simplement remarquable.
La Chine est passée du statut de l’un des pays les plus pauvres et les plus arriérés technologiquement au monde à celui de deuxième économie mondiale en termes de PIB nominal, de première économie mondiale en termes de parité de pouvoir d’achat, de seule superpuissance mondiale en matière d’énergies renouvelables, de leader mondial dans les télécommunications, les infrastructures de pointe, le transport ferroviaire à grande vitesse, l’intelligence artificielle, les véhicules électriques, l’informatique quantique, l’exploration spatiale et toute une gamme d’autres technologies de pointe.
SUITE :
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Cette guerre du coté français en bon vassal US
Dans le journal de "référence ", LE Monde
Dans un rapport, l’organisme estime que les mesures de l’UE sont insuffisantes pour lutter contre la concurrence industrielle de la Chine
Il y a d’abord cet« acteur-clé européen du secteur aéronautique », dont l’identité n’est pas précisée, qui prévient que « le rattrapage chinois [dans son domaine industriel] suit une trajectoire comparable à celle observée dans l’automobile ». Puis cet autre, officiant dans le nucléaire cette fois, qui explique que « les acteurs chinois sont en mesure de construire jusqu’à quatre fois plus rapidement et à des coûts jusqu’à quatre fois inférieurs, à qualité et niveau de sécurité du travail comparables ». Ces deux alertes parmi d’autres figurent dans le rapport publié lundi 9 février par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, organisme public rattaché à Matignon, et témoignent de la puissance du « rouleau compresseur » chinois lancé contre l’industrie européenne.
Ce document, que Le Monde a pu consulter, met en garde, deux ans après le rapport Draghi de septembre 2024, sur l’avenir de la compétitivité européenne et sur la « menace systémique » que représente la stratégie de Pékin pour l’économie de l’Union européenne (UE). « En Europe, on est focalisés ces derniers temps sur les Etats-Unis et on parle beaucoup moins de la Chine. Mais la menace chinoise est là, elle ne doit pas être banalisée et appelle à une prise de conscience nouvelle », explique le haut-commissaire, Clément Beaune.
La Chine ne concurrence plus seulement les industries traditionnelles à forte main-d’œuvre (textile, biens de consommation bas de gamme, etc.) comme cela a été le cas dans les dernières décennies : la deuxième puissance économique mondiale s’impose alors dans les secteurs d’innovation et les productions à haute valeur ajoutée comme l’intelligence artificielle, la transition énergétique ou la défense. « Tous les secteurs industriels soulignent un rattrapage voire un dépassement technologique rapide, y compris dans des domaines historiquement dominés par l’Europe (chimie, machines-outils, robotique, nucléaire) », écrit le rapporteur Thomas Grjebine, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales.
Impossible de rivaliser
L’ensemble des économies européennes sont concernées, tant à l’export que sur leurs marchés domestiques. A commencer par le bastion industriel allemand, « le plus exposé à la déferlante chinoise » avec « un tiers de ses exportations et même deux tiers de sa production intérieure directement menacés », précise le rapport. « Notre travail s’adresse surtout aux partenaires européens de la France, à commencer par l’Allemagne, qui peut parfois penser que c’est juste un mauvais moment à passer ou une nouvelle crise sectorielle. En réalité, il faut un vrai changement de modèle car nous devons faire face à une menace quasi existentielle »,prévient Clément Beaune. Au total, c’est près de la moitié (55 %) de la production manufacturière de l’UE qui se trouve « exposée à une concurrence chinoise difficilement soutenable à moyen terme », selon le rapport.
Les écarts de coûts de production entre la Chine et l’Europe sont « en moyenne compris entre 30 % et 40 %, et [peuvent] dépasser 60 % dans certains segments », précise le texte. Impossible dès lors de rivaliser. Devant une telle situation, « les industriels sont formels : ni la montée en gamme, ni les gains de productivité, ni les ajustements organisationnels ne peuvent compenser durablement de tels écarts ».
Pour protéger son industrie, l’UE a mis en place, ces derniers mois, des mesures antidumping dans l’automobile et les batteries électriques, ou des quotas d’importation dans l’acier et l’aluminium. D’autres plans sont en préparation dans la chimie ou l’accès aux minerais stratégiques. Pour le Haut-Commissariat, ces réponses sont un bon début, mais elles sont insuffisantes car trop sectorielles, « en silos » et « sans articulation d’ensemble ». Même la politique de « préférence européenne », que plusieurs pays dont la France tentent d’imposer dans l’UE, ne répond qu’en partie aux enjeux. « Elle est insuffisante dans la mesure où c’est un instrument de politique industrielle ciblé et sectoriel. Elle doit être complétée par un dispositif plus large car la concurrence chinoise constitue une menace systémique susceptible d’affecter l’ensemble du tissu industriel », explique Thomas Grjebine.
Le rapport propose deux « options » pour « changer de logiciel ». La première consiste à mettre en place l’« équivalent d’un droit de douane généralisé de l’ordre de 30 % vis-à-vis de la Chine ». Mais il faut pour cela que l’UE infléchisse sa doctrine libre-échangiste « traditionnellement attachée à une interprétation restrictive du droit commercial international ». La seconde est monétaire et propose de déprécier l’euro « de 20 % à 30 % » par rapport au yuan, afin de « restaurer la compétitivité-prix de l’industrie européenne ». Une option que les auteurs reconnaissent complexe à mettre en place tant elle soulèverait des réticences des différentes banques centrales mondiales et des Etats membres de l’UE, très divisés sur le sujet.