A Gaza, des funérailles collectives pour 112 victimes longtemps ensevelies sous les décombres

Publié le par FSC

Les agences de presse du 05 août 2026

Les corps de personnes tuées par une frappe israélienne en novembre 2023 et récemment extraits des décombres, lors de leurs funérailles à Gaza, le 4 août 2026. JEHAD ALSHRAFI/AP

 

Ces personnes avaient péri dans un bombardement israélien de novembre 2023.
Elles étaient ensevelies sous les décombres et ont été récemment retrouvées. Au milieu d’immeubles détruits par des frappes israéliennes dans la ville de Gaza, des dizaines de dépouilles de Palestiniens sont alignées sur un terrain avant leur mise en terre.

Des centaines de personnes ont assisté, mardi 4 août, à ces obsèques collectives, parmi les plus importantes jamais organisées à Gaza.


Pour Ahmed Abou Sharia, un proche de victimes, ces funérailles vont permettre aux familles de faire enfin leur deuil. « Nous sommes venus pleurer nos martyrs, nos enfants, nos femmes et nos personnes âgées. C’est un enterrement pour le peuple palestinien », a-t-il dit à l’Agence France-Presse (AFP). « Des personnes sont toujours sous les décombres, rappelle-t-il. Elles n’ont pas combattu et ne portaient pas d’armes. »


Parmi les 112 corps, 44 étaient des enfants, membres d’une même famille élargie, selon le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Bassal, qui estime à plus de 8 000 le nombre de cadavres encore ensevelis à Gaza.
 

« Nos équipes ont travaillé sans interruption pendant dix-sept jours », a relaté Mohammad Al-Moughaïr, directeur des opérations de cet organisme qui opère comme service de secours sous l’autorité du Hamas, avec l’aide de deux excavatrices mises à disposition par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Dans certains cas, des squelettes complets étaient restés intacts, maintenus ensemble uniquement par les vêtements », a-t-il précisé.

Plus de 1 200 Palestiniens tués depuis le début du cessez-le-feu

 

La défense civile de Gaza et des organisations comme le CICR dénoncent depuis longtemps le fait qu’Israël, qui contrôle tous les points d’entrée du territoire palestinien, n’autorise pas l’entrée d’un nombre suffisant d’engins et de matériels de construction nécessaires à la récupération des corps.


Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, des frappes aériennes et des tirs d’artillerie continuent presque quotidiennement de secouer la bande de Gaza. Depuis cette date, au moins 1 252 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la santé du territoire, placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont considérés comme fiables par les Nations unies.


Lors des funérailles mardi, des hommes se sont alignés pour accomplir la prière funéraire. Pour les victimes qui ont pu être identifiées, une photo a été déposée sur leur corps.
Un membre de la famille Al-Husayneh, qui compte plusieurs morts, a perdu tout espoir de retrouver les dépouilles encore manquantes. « Les corps des autres victimes ont été pulvérisés, et leurs os ainsi que leurs chairs se sont mêlés aux décombres de béton », a déclaré cet homme, qui a souhaité conserver l’anonymat pour des raisons de sécurité.


Dans un rapport publié en avril, la Banque mondiale, l’Union européenne et les Nations unies estiment que la bande de Gaza compte 68 millions de tonnes de gravats provenant de bâtiments détruits ou endommagés. L’étude ajoute que plus de 60 % des plus de 2 millions d’habitants de Gaza ont perdu leur logement depuis le début du conflit.


Les restrictions imposées aux médias et l’accès limité à la bande de Gaza empêchent l’AFP de vérifier de manière indépendante les bilans humains ou de couvrir librement les violences sur le terrain.

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