À Visa pour l’image, le photographe palestinien Khames Alrefi ouvre les yeux du monde sur les souffrances à Gaza

Publié le par FSC

Samuel Gleyze-Esteban
L'Humanité du 07 septembre 2026

Cette photo de Khames Alrefi a été prise le 27 septembre 2025. Un jeune garçon observe de loin un immeuble touché par un missile israélien à Gaza.
© Khames Alrefi

 

Le festival révèle le travail de Khames Alrefi, photojournaliste gazaoui qui documente les conséquences de la guerre génocidaire d’Israël sur les vies civiles, dans un contexte perpignanais tendu par la question palestinienne.
Parmi les rares photographes qui n’ont pas pu faire le voyage à Perpignan, il y a Khames Alrefi, photographe gazaoui dont les clichés donnent à voir le quotidien dans l’enclave. Cette exposition est précieuse, alors qu’ailleurs, comme à Deauville, on censure le travail d’un autre reporter de Gaza, Jehad Alshrafi, en cédant aux pressions d’activistes pro-génocide. Elle vient poser un point de vue de photographe sur les souffrances civiles.


On alterne entre des visions à focale courte, douloureuses, saisies dans des instants de mort, et des images plus composées, qui sortent de l’urgence extrême pour donner à voir d’autres dimensions de la vie dans l’enclave : l’effet de la faim sur la peau d’un enfant, les jeux d’étincelles pendant les soirées du ramadan, le sourire d’un bébé lancé dans les airs par un parent, la peur d’un garçon qui s’abrite d’une explosion, un feu allumé à la tombée de la nuit.

Administrer la cécité aux portes d’un festival de photojournalisme


En cela, Visa pour l’image est une quasi-anomalie dans une ville dont l’édile, Louis Aliot, refusait de remettre le Visa d’or 2024 à un Palestinien (accusations de complicité avec le Hamas, outil déployable à l’infini) et organisait l’année dernière une contre-exposition sur les massacres du 7-Octobre, suscitant l’ire du photographe exposé, qui y voyait une instrumentalisation.


Mercredi 2 septembre, la police municipale de la cité catalane verbalisait des militants qui distribuaient des tracts « pour la mémoire de tous les journalistes assassinés par le gouvernement de Netanyahou ». Ou comment administrer la cécité aux portes d’un festival de photojournalisme. Les expositions de Visa pour l’image sont pourtant gratuites. Celle de Khames Alrefi donne à voir ce qu’il faut pour prendre la mesure du scandale humain qui a lieu à Gaza. Il suffit de regarder.

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