Génocide à Gaza : à l’ONU, le président palestinien Mahmoud Abbas dénonce le « silence de la communauté internationale »

Publié le par FSC

Vadim Kamenka
L'Humanité du 24 septembre 2026

Refusé d’entrer sur le territoire américain, le président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas, s’adresse à la 81e Assemblée générale des Nations unies par le biais d’une vidéo préenregistrée.
© REUTERS/Caitlin Ochs

 

Le président palestinien, qui n’a pas été autorisé par les États-Unis à se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies, a tenu son discours préenregistré, ce jeudi 24 septembre. Malgré les condamnations récurrentes, Mahmoud Abbas a réclamé que les États agissent avant que les dirigeants israéliens effacent « la présence palestinienne ».
Une tribune vide. Devant l’Assemblée générale composée de présidents, premiers ministres, ministres et diplomates des 193 États membres, le président palestinien n’a pu s’exprimer depuis le Palais de verre à New York.
Comme l’an passé, Mahmoud Abbas s’est vu refuser un visa d’entrée aux États-Unis et a dû s’adresser par visioconférence et a immédiatement condamné : « ces mesures punitives et illégales ».


« Nous refusons la violation des statuts en tant que pays hôte de l’ONU et nous appelons à la levée des sanctions (…). Pourquoi punir la partie qui a fait le choix du droit international et de la diplomatie ? », a-t-il lancé. Depuis l’ouverture de cette 81e session, à l’ONU, les discours dans l’hémicycle résonnent tous avec le même message : le droit des Palestiniens à exister et à faire valoir leur droit.
Le président du Ghana, John Dramani Mahama l’a clairement réaffirmé juste avant la prise de parole de son homologue palestinien : « La charte de l’ONU doit l’emporter sur la loi du plus fort. Et la persécution du peuple palestinien et le carnage à Gaza doivent cesser ». Et de rappeler à l’ensemble des pays que laisser les crimes se poursuivre sera « une tache indélébile pour la conscience du monde ».

Une nouvelle Nakba


Dans sa vidéo préenregistrée, Mahmoud Abbas a appelé l’Assemblée générale à une prise de conscience : « le peuple palestinien fait face à la page la plus dangereuse de son histoire ». « Face aux destructions, aux déplacements forcés et au génocide à Gaza », à la colonisation et « la fragmentation de la Cisjordanie » qui subit « des vols de terres » et à l’occupation « de Jérusalem-Est (…) ces mesures, ces pratiques se fondent sur une politique raciale, un nettoyage ethnique et sur un terrorisme d’État », avertit le président palestinien.


Ce jeudi, il a surtout alerté les États membres d’un danger encore plus grand que les attaques contre la solution à deux États : les décennies d’occupation et de colonisation. « La menace désormais est celle de disparition et l’existence même du peuple palestinien sur sa terre natale », a-t-il déclaré. « Nous vous avertissons que nous ne permettrons pas une nouvelle Nakba, une nouvelle catastrophe comme en 1948 ».
En juillet, un rapport des ONG « Peace Now » et « Kerem Navot » ont pointé l’accélération en trois ans et demi de l’accaparement des terres en Cisjordanie. Celles désormais contrôlées par les colons représentent près de 18 % des territoires occupés (près de 100 000 hectares), contre 7 % environ avant le déclenchement du génocide à Gaza. Rien que pour l’année 2025, 30 000 hectares ont été accaparés.

« Vous devez protéger le droit des Palestiniens »


Le constat est partagé par toutes les organisations, de l’ONU à l’Union européenne et à la Cour pénale internationale : les autorités israéliennes appliquent des politiques d’apartheid, de nettoyage ethnique et de génocide à Gaza. La liste des crimes s’agrandit : destruction de maisons, d’infrastructures, d’écoles, d’universités, d’hôpitaux…
« Le silence de la communauté internationale doit cesser (…) Vous devez protéger le droit des Palestiniens et la solution à deux États », réclame Mahmoud Abbas. « La politique extrémiste et le projet de grand Israël entend effacer la présence palestinienne », constate-t-il. Et de conclure : « Le peuple palestinien ne disparaîtra pas ».


Quelques instants plus tard dans l’hémicycle, c’est un criminel de guerre qui a pu se tenir en toute liberté à la tribune. Benyamin Netanyahou a pris la parole malgré son mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, en novembre 2024. Contrairement au président palestinien, le premier ministre israélien a, comme en septembre 2025, obtenu un visa d’entrée aux États-Unis.

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